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Biométrie :  les nouvelles tendances, du contrôle d'accès au passeport nouvelle génération

Contexte

Technique servant à identifier les personnes en mesurant leurs caractéristiques physiques, comme les empreintes digitales, la forme du visage ou des mains, la biométrie révèle de nouvelles tendances dans notre quotidien en multipliant ses domaines d'applications : entreprises, aéroports, banques, centres d'examens… et pourrait même s'introduire chez le particulier.

Actualités

Permission biométrique pour l'accès aux bureaux : depuis juin 2009, la CNIL (Commission Nationale de l'informatique et des Libertés) autorise la mise en oeuvre de dispositifs biométriques reposant sur la reconnaissance du réseau veineux des doigts de la main ayant pour finalité le contrôle d'accès sur les lieux de travail. Les entreprises doivent toutefois y associer une carte à puce RFID (étiquette électronique) sur laquelle est stockée l'empreinte du salarié. A titre d'exemple, la société Easydentic (rebaptisée SafeTIC) a été condamnée début 2011 pour avoir fourni, en connaissance de cause, entre 2004 et 2006, des dispositifs biométriques de contrôle d'accès non conformes à la réglementation en vigueur : la CNIL refuse en effet les dispositifs permettant la centralisation d'empreintes digitales dans une base unique.

Recours à la biométrie pour lutter contre la fraude aux examens : le phénomène de fraude aux examens se serait considérablement développé au cours des dernières années. Afin de lutter contre l'usurpation d'identité à l'examen du concours mondial GMAT (Graduate Management Admission Test), concours d'entrée au programme MBA (Master Business Administration), la CNIL vient tout juste d'autoriser en France le recours à un système de biométrie reposant sur la reconnaissance du réseau veineux de la paume de la main du candidat.

Des lecteurs biométrique à l'entrée des cantines : la biométrie permet ainsi de vérifier si l'enfant a oui ou non mangé à la cantine ou de programmer les jours de présence des demi-pensionnaires occasionnels, d'éviter les abus ou tricheries mais aussi de déceler si un enfant ne présente pas un comportement alimentaire anorexique ou s'il est malade. Ce sont déjà 250 établissements scolaires du second degré qui, depuis 2005, ont investit dans ce système de reconnaissance par contour de la main signé Alise et validé par la CNIL.

Lancement estival pour le passeport biométrique : la carte d'identité électronique s'est vue retirée son statut obligatoire pour laisser sa place aux nouveaux passeports. Depuis le 1er juillet 2009, le passeport biométrique est délivré en France. Ce dernier contient une puce RFID lisible à distance dans laquelle sont enregistrées une photo et les empreintes digitales numérisées de quatre doigts de chaque main du titulaire. A l'approche de l'été les demandes de passeport explosent ce qui nécessite une nouvelle organisation spécifique pour certaines villes de prises de rendez-vous pour refaire son passeport.

Des lecteurs biométriques dans les hôpitaux : c'est afin d'identifier les patients traités par radiothérapie que la CNIL a autorisé courant 2010, le centre Oscar Lambret, Centre Régional de lutte Contre le Cancer du Nord-Pas-de-Calais, à installer un dispositif biométrique dans ses locaux. Ce dernier repose sur la reconnaissance de l'empreinte digitale assortie de la constitution d'une base de données centralisée, afin d'éviter tout risque d'erreur médicale.

Tendances

Le développement des moyens de communication, l’augmentation des flux de déplacements mais aussi l’émergence des menaces (terrorismes, fraudes …) ont généralisé le recours à la biométrie dans le monde. Considérée comme le nec plus ultra de la technologie sécuritaire, la biométrie permet d’assurer la fiabilité des contrôles en s'appuyant sur la prise en compte d'éléments morphologiques et/ou comportementaux uniques à chaque individu (analyse de traces biologiques : ADN, salive…, analyse morphologique : reconnaissance de la main, de l'iris... ; ou analyses fondées sur le comportement : reconnaissance vocale...).

Les nombreuses possibilités offertes par cette technologie posent parfois certains problèmes d’ordre bioéthiques. C’est pourquoi, en France, toute installation biométrique doit recevoir au préalable une autorisation de la CNIL (la principale dérive à éviter étant l’exploitation de bases de données à l'insu des personnes fichées). 
Le marché de la biométrie reste en France peu développé du fait d’un très petit nombre d’acteurs spécialisés. Outre les papiers officiels, les professionnels cherchent à conquérir de nouveaux marchés et à créer de nouveaux besoins : la sécurisation de l’accès aux données informatiques ou encore des systèmes de contrôle d’accès et de management, reposant sur la reconnaissance de l’empreinte digitale. Il existe également d'autres technologies parmi lesquelles la reconnaissance de l'iris, des veines de la main ou des oreilles, la radiographie dentaire, l'analyse en 3D de la main par caméra infrarouge... Des chercheurs travaillent même sur des systèmes d'identification reposant sur l'étude de comportements ou d'attitudes, comme la démarche, le mouvement des yeux ou le sourire. Ces solutions sont relativement simples à mettre en œuvre, fiables et économiques, et dégagent de tous soucis de pertes, vols et autres falsifications de clefs ou badges.

La biométrie multimodale, association de plusieurs données biométriques est actuellement en pleine évolution. En juin 2011, la CNIL a attribué à une société, l'autorisation d'utiliser conjointement deux techniques de biométrie (l'empreinte digitale et le réseau veineux du doigt de la main). Cette décision tend vers une démocratisation de l'utilisation de la multimodalité jusqu'alors décriée pour des questions de bioéthique, de stockage de données personnelles…

Quelques chiffres clés (source www.biométrie-online.net)

  • Selon un rapport publié par l'International Biometric Group, le marché mondial de la biométrie devrait passer de 3,4 milliards de dollars en 2009 à 9,4 milliards en 2014.
  • Les empreintes digitales représentent la principale technologie biométrique en termes de part de marché, soit près de 50% du chiffre d’affaires total.
  • En 2007, 515 dispositifs biométriques ont été soumis à la CNIL, soit une augmentation de plus de 43% par rapport à 2006.
  • En 2009, la CNIL à accordé 820 autorisations uniques (AU). Plus de la moitié concerne le réseau veineux du doigt (AU019), 134 portent sur les empreintes digitales enregistrées sur support individuel (Au 008) et 133 concernent le contour de la main (AU 007)
  • En janvier 2011, on dénombrait plus de 100 000 lecteurs de contour de main installés dans le monde.

 

Sources et ouvrages pour aller plus loin
La biométrie : l’identification par le corps - Auteur : Jacques Pierson - Editeur : Hermès
Du papier à la biométrie : Identifier les individus - Auteur : Xavier Crettiez/Pierre Piazza
Editeur : Science Po Les Presse

Sites internet :

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